Samedi 10 juillet 2010 6 10 /07 /Juil /2010 15:38

Durant son existence, l’homme est amené à se poser une foule de questions. Parmi celles-ci, certaines sont plus fondamentales que d’autres : qui suis-je ? D’où est-ce que je viens ? Ou vais-je ?  Quel est le sens de la vie ? Où et quelle est la vérité

 

Face à ces questions existentielles, les hommes ont adopté différent types de comportement :

-         il y  a ceux qui trouvent des réponses dans la foi : l’Univers est régi par une force supérieure, un Dieu créateur, ou quel que ce soit le nom qu’on lui donne, qui maintient la cohésion de toute sa création. Chaque être, chaque étoile, chaque grain de poussière, chaque particule d’atome ne fait que servir un dessein plus vaste, celui d’un architecte qui agence son œuvre. Au-delà de cette vie, il y a la promesse d’un au-delà de lumière, et à la fin de tout chose, l’avènement d’un monde parfait. Et parce que l’acte de création ne peut-être que violent, il s’accompagne de souffrance, de violence, de meurtre, de guerre, de mort, mais dans la promesse d’une lumière salvatrice.

-         Il y a ceux qui ne croient pas en une vérité transcendante à l’existence humaine, mais qui pensent, au contraire, que le sens de la vie, c’est la vie elle-même. L’homme vit, nait et même meurt pour vivre. Il n’est pas un acte de création, ni un chef-d’œuvre d’un quelconque dieu : il n’est juste que le fruit du hasard qui gouverne toute chose, un hasard qui l’a conduit à emprunter le chemin de l’existence. Et parce que le hasard régit sa vie, la liberté est inhérente à sa condition. L’homme se construit à travers ses actes et ses choix. Il n’y a pas de vérité, pas de sens caché, pas de questions à se poser : tout est là, sous ses yeux, il n’y a qu’à tendre la main et profiter du miracle de la vie.

-         Enfin, il y a ceux qui ne croient en rien : l’Univers, et tout ce qu’il contient, n’est qu’un accident. Comme ceux de la catégorie précédente, ils ne croient pas en une vérité ni en un sens de la vie. Pour eux aussi, le hasard régit le monde, sauf qu’il est destructeur. La vie est un non-sens total, une illusion, une perte de temps dans la non-existence de l’Univers. Ces personnes, comme les autres, savent que toutes choses est destinés à mourir, mais pour eux - et c’est peut-être là la seule vérité - il n’y a rien à en espérer. La croyance, la foi, l’espoir et la raison qui fait à croire à l’homme qu’il est capable d’établir des vérités ne sont que des subterfuges destinés à atténuer cette seule réalité valable.

 

Parmi ces trois catégories de personnes, ceux qui croient, ceux qui vivent, et ceux qui sont désespérés, chacun tentent de trouver sa place, angoissé à l’idée de mourir seul et sans réponse. Les personnes de la première catégorie mourront avec l’espoir d’une vie meilleure ; ceux de la deuxième catégorie mourront dans la satisfaction d’une vie pleinement accomplie ; enfin ceux de la dernière catégorie mourront dans une suffisance infinie, persuadée que la souffrance et le désespoir, qui les ont caractérisé tout au long de leur (non) existence, les ont placé au-dessus de tout les autres.

 

Mais peut-être, à vrai dire, que la vérité ultime est que chacun (et chaque chose de l’Univers) possède une part de la vérité, quand bien-même celle-ci serait tellement contradictoire et paradoxale qu’elle ferait perdre la raison à quiconque tenterait de la démasquer. Peut-être vaudrait-il mieux pour nous de vivre avec cette part de vérité qui nous compose : notre vérité, sans chercher ailleurs. Mais plus encore, il convient à chaque détenteur de sa vérité (aussi valable que celles des autres) de ne pas se laisser aveugler par elle : la vérité est partout présente dans le sens où chacune des vérités propre à une chose ou à un être de l’Univers côtoient une infinité d’autres vérités.   

                     http://www.cheztom.com/IMG/jpg/ben-verite-multiple-vautier.jpg  

Par Benjamin DELCOURTE
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 16:57

 

A l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie qui aura lieu lundi 17 mai, j'ai écris une petite nouvelle pour montrer à quel point ce sujet me tiens à cœur et pour mettre ma petite pierre à l'édifice.

A tous ses gens qui crachent leur haine au nom d'idéologie que je ne comprendrais jamais, pensez à toutes ces personnes qui se sont données la mort.

Et d'avance, pardon pour les fautes.

 

NB : ceci est une fiction, n'y voyait rien d'autobiographique. 

 

****

Il allait le faire. Il fallait le faire. Il devait calmer ce feu qui le consumait. Il ne fallait pas réfléchir. Juste foncer. Se sentir invincible, invulnérable.

Benoît s’approcha fébrilement de cette maison à laquelle il avait tant rêvé.

Au moment de frapper à la porte, un terrible doute l’assaillit : un nœud contracta son estomac. Il voulait maintenant fuir le plus loin possible. Mais c’était trop tard. Il fuirait après s’il le faut. Maintenant il fallait agir.

Il frappa. Personne ne répondit. Un immense soulagement le délivra de son angoisse. Mais très vite ce sentiment fut remplacé par la déception. Il devrait continuer à faire semblant, à prétendre ce qu’il n’était pas, à aimer en secret.

Il tourna les talons, sans trop savoir ce qu’il allait faire ensuite.

Soudain, il entendit des grincements. Une porte qui s’ouvrait. Il n’osait pas se retourner. Il savait déjà qui il verrait, mais pire encore, il sentait ce qu’il verrait.

- Hé, ne t’en va pas.

Benoît ne voulait pas se tourner et croiser ces yeux qui le hantaient tant. Pourtant son corps, qui ne répondait plus à sa volonté, avait décidé de prendre en main les choses pour lui, et c’est d’une façon quasi robotique que Benoît se retrouva face à celui qui lui avait fait comprendre que l’amour était sans aucun doute le sentiment le plus violent du monde.

Il voulait lui parler, lui dire quelque chose. N’importe quoi. Cela ferait l’affaire. Mais tout son être était paralysé. Cette façon méprisante qu’avait Axel de regarder Benoît et ce sourire narquois qui se dessinait sur ses lèvres étaient une injure à sa beauté qui, soudainement, fut balayé par autre chose, une chose que Benoît avait feint jusque là d’ignorer. L’amour rend aveugle, dit-on. C’est faux, l’amour, c’est juste la vision déformée d’un être qu’on idéalise. L’amour, c’est croire à la perfection. L’amour, c’est contempler la beauté de la partie émergée de l’iceberg, sans voir que sous les eaux troubles, il y a une partie immergée beaucoup plus sombre et laide. L’amour, c’est rêver. Mais les rêves ont une fin.

Benoît eut l’impression que le sol allait se dérober sous ses pieds. Il attendit que la croute terrestre se fracturât, que les mers se vidassent de leurs eaux, que les étoiles tombassent du ciel,  que les volcans crachassent leur colère. Mais il ne se passa rien. Le monde survécut. Il n’avait que faire d’une déception amoureuse d’un gamin. Il avait ses propres problèmes.

Axel n’était plus là. Il devait déjà être en train d’appeler ses copains. Les rumeurs allaient déjà bon train sur Benoît depuis pas mal de temps. On ne cache pas la différence. Et dans le monde tel qu’il est, on ne peut même pas l’apprécier. Juste la subir.

- Courir, courir, courir, entendit-il dans sa tête.

C’était ce qui lui restait à faire.

Courir, courir, courir, et fuir.

 

Benoît était assis sur un banc du lycée. Comme toujours. Devant lui, un garçon et une fille s’embrassaient, ou plutôt devront-on dire, à ce stade, qu’il se roulait une pelle, ou une galoche selon les préférences.

Il eut alors un sentiment de solitude absolu. Pourquoi fallait-il qu’il ne soit pas comme les autres, pourquoi fallait-il qu’il soit une pédale, une tapette, un pédé, une tantouze ? Pourquoi était-il se sentait-il seul dans ce cas ? Etait-il une abomination de la nature, qu’il fallait mettre à l’écart des autres avant qu’il ne les contaminât ?

Connaitrait-il un jour ce doux sentiment d’un amour partagé ? Sentirait-il des lèvres se poser sur les siennes ? Ou ces bras entourer ses épaules ? L’amour, l’amour, l’amour.

L’amour, apparemment n’est pas pour tout le monde. L’amour ça ne se partage pas. C’est la propriété exclusive des hétérosexuels, qui gardent leur monopole de l’amour comme un bien précieux qu’il faut à tout prix défendre.

Hétérosexuel, homosexuel, quels mots insensés. C’est ne pas un sexe qu’on aime, mais une personne. A quoi cela rime t-il de réduire un sentiment humain à une sexualité. Pour Benoît, il n’y avait juste que des homoamoureux ou des hétéroamoureux. Et c’est pour cette raison qu’au fond de lui, il ne se sentait pas anormal. Différent, sans aucun doute, mais pas anormal. Après tout, il avait bien le droit d’aimer qu’il voulait. C’était à lui de choisir la personne avec qui il avait envie de passer une partie de sa vie, pas aux autres. Eux, dans leur intolérance et dans leur renie de l’amour, donc de l’humanité, étaient anormal.

Pas lui.

Benoît, plongé dans des réflexions bien de celles que pourrait avoir à l’accoutumé un adolescent de son âge, ne vit même pas qu’Axel et ses copains s’étaient approchés de lui.

L’un des gars de la bande s’assit à coté de lui et le prit par l’épaule.

-  Alors pédale, tu mates ? Regarde comment il s’emballe, si c’est pas mignon ça. Ils te font envie allez avoue. Ah ouais non j’avais oublié toi c’est les mecs.

Des rires moqueurs assourdirent ses oreilles.

‑  Dégage de là sale con.

‑  Du calme mon chéri. Tu vas pas me violer au moins.

C’en fut trop pour Benoît. Il se jeta sur le garçon et lui colla son poing dans la figure. Ils commencèrent à se battre. Un surveillant finit par les séparer. Une rage sans son nom s’était emparée de lui. Il avait envie de frapper tout le monde. De détruire tout ce qu’il pouvait. Il n’était pas l’esprit assez clair pour se défendre face au conseiller principal d’éducation qui essayait de tirer au clair les raisons de cette dispute. Bien sûr, tout lui fut mis sur le dos. Il fut exclu quelques jours du lycée.

Il ne décrocha pas non plus un mot lorsque sa mère vint le chercher et qu’elle le ramena à la maison. Le retour fut silencieux. Sa mère était trop en colère pour dire quoi ce fût, et quant à Benoît, il s’était murer dans un profond silence.

Une fois qu’ils furent arrivés à la maison, la mère engagea le dialogue.

- Benoît tu pourrais dire quelque chose au moins. On se démène pour toi, on fait tout pour que tu sois le plus heureux possible, tu as tout ce dont tu as besoin, et pourtant je sens bien que depuis quelques temps tu ne te sens pas bien.

Que pouvait-il répondre à ça ? Voilà le monde il vivait, un monde qui interdisait à toute personne qui avait «  tout ce dont il avait besoin » de souffrir. Ou du moins il fallait souffrir en silence. En pensant aux petits africains qui crevaient de faim à l’autre bout du monde. Relativiser, toujours relativiser. Rien n’est jamais grave. 

- Tu sais, si tu ne me dis rien, on pourra rien faire pour t’aider. Je suis ta mère, tu sais bien que tu peux tout me dire. Mais dis-moi quelque chose Benoît, merde à la fin.

‑  Je ne suis vraiment pas sur que cela te plaise maman.

‑ Quoi à la fin, t’es des problèmes avec une fille. Avec des amis. Avec la drogue ?

Benoît eut alors un fou rire qui n’en voulait plus finir. Cela n’arrangea pas la colère de se mère.

‑ Quoi ? J’ai dis quelque chose de drôle ? Eclaire-moi là, parce que je suis un peu paumée.

‑ Maman, parvient-il çà dire entre deux hoquets, est-ce que m’as vu ne serait-ce qu’une seule fois avec une fille ? Avec des amis. Et puis la drogue…C’est vraiment bien des trucs de mère ! Dès qu’il y a un problème, c’est la faute aux filles, aux amis, et à la drogue.

‑ Quoi alors !!! Mais dis-moi.

‑ Ok, alors ouvre bien tes oreilles maman. Je suis homo.

‑ Tu…quoi ?

‑ Homo, Maman. Tu sais, les garçon qui aiment les garçon :  les gays, les pédé, les pédales. Les suceurs de…

‑ Tais-toi, cria sa mère.

Un silence de plomb se jeta entre la mère et son fils.

 

Benoît savez que les questions allait affluer une fois que sa mère aurait reprit ses esprits. Et il n’avait vraiment pas envie d’y répondre. Alors il prit les devants.

- Maman, me dis pas que tu es étonnée. C’est toi-même qui aime dire à tes collègues combien ton petit Benoît est un peu différent des autres, qu’il est juste un peu plus sensible et qu’il n’aime pas forcément ce que les autres garçons se son âge aiment.

‑ Je…Je…Oui c’est vrai tout ça, mais ça fait pas forcément de toi une…un homo. Je crois que tu te poses trop que questions et tu t’es un peu perdu.

‑ Oh Maman je t’en prie, par pitié. Je suis attiré par les garçons voilà tout.

-   A ton âge c’est normal. On sait trop qui on est, on se cherche. Tu sais quand j’étais à peine plus âgée que toi…

-   Mais je m’en fous de ta vie. Je suis seulement attiré par les garçons. J’aime les garçons. Je suis tombé amoureux d’un garçon.

-   Tu en es sûr ?

-   De quoi ? Que c’est un mec ? Oh ben j’ai pas été encore vérifié, mais y’a deux trois détails qui me font bien penser que si.

-   Tu sais très bien ce que je veux dire.

-    J’en suis sûr si tu veux vraiment savoir. Et crois pas que ça a été facile. Ca m’a rendu un temps malade, j’en ai été dégouté de moi-même. Mais j’ai fini par comprendre que j’étais pas plus anormal que les autres et que…

-   Ca se soigne.

Benoît eut le souffle coupé.

-   Quoi ? Quoi, quoi, quoi ?

- Je connais un très bon psy, il sait parler aux ados en difficultés. Tu ne va pas bien, je m’en veux de ne pas avoir compris jusqu’à quel point, mais tout va s’arranger maintenant. Je vais parler à ton père ce soir et tout ira très bien.

‑ Maman si je vais pas bien c’est à cause de vous tous. Je suis pas malade, putain !!! Depuis quand c’est une maladie de tomber amoureux ?

‑ Un homme avec un homme, c’est pas de l’amour. C’est pas naturel ça. Tu es malade mais ne t’inquiète pas. On va t’aider ton père et toi. Et puis ensuite tu te sentiras beaucoup mieux. Tous tes problèmes : envolés. Et puis un jour, tu tomberas sur une fille qui te plaira, vous vous marierais, vous aurez pleins d’enfants, et ira très bien. Parfaitement bien. Ouais. Parfaitement bien.

Sa mère ne l’écoutait plus. Son monde menaçait de s’effondrer. Et elle devait coûte que coûte le défendre. Même contre son propre fils.

‑ Non naman tout ne vas pas bien, c’est toi qui es malade. Tu  ne veux même essayer de comprendre, de me comprendre. De comprendre ton fils. T’as jamais voulu me comprendre. Je te déteste tu entends je te déteste.

Tout un coup, Benoît vit un ciel étoilé. La claque que venait de lui mettre sa mère l’avait emmené vers d’autres cieux.

‑ Ecoute moi bien. Tu es sous mon toit, et tu feras ce que ton père et moi on te dira de faire.

Benoît ne voulait pas en entendre plus. Il s’enferma dans sa chambre et s’allongea ans lit. Il avait la tête vide. Il avait envie de vomir. Tout ça n’avait aucun sens.

Plus tard il entendit son père rentrer du travail. Il essaya de se couper du monde, de plus rien entendre, mais il n’y existait aucun barrage assez efficace pour arrêter les paroles de son l’homme qui l’avait mis au monde «  je veux pas de ça sous mon toit », «  les pédés on leur casse la gueule avant que ça nous pollue »,  « qu’est-ce que j’ai donc fait pour mériter ça ».

Tout se calma. Sa mère avait du le convaincre qu’avec un bon psy, tout allait s’arranger.

Tout irait parfaitement bien.

A l’heure du repas, il refusa de sortir de sa chambre. Sa mère ne tenta pas vraiment de le convaincre de venir manger.

Quand la nuit fut tombée, et que ses parents furent allés se coucher, il se rendit dans la salle de bain. Il se regarda longuement dans le miroir, cherchant ce qui clochait chez lui. Le constat était encore le même : rien ne clochait en lui. Il était parfaitement normal. Et il ne pouvait accepter qu’on veuille faire de lui quelqu’un d’autre. Non, il ne se laisserait pas faire. Il n’accepterait pas qu’on veuille le soigner de lui-même. De l’amour.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Son regard se figea sur les lames du rasoir qui était posé sur le lavabo.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Il verrouilla la porte de la salle de bain.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Il ne ressentit aucune douleur lorsque les lames de son rasoir lui tranchèrent les veines.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Il n’eut aucun dégout quand il vit son sang se déversait sur le carrelage.

Un fleuve en cru. Une cascade.

Ceci est mon sang.

Il glissait lentement vers la mort, le sourire aux lèvres. Il était en train de gagner. Il quitterait ce monde en étant celui qu’il était. Il ne vivrait pas en étant celui qu’il n’était pas.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Comment tous se sentiraient-ils lorsqu’on aurait découvert son corps sans vie ? Comment se sentirait sa mère et son père en voyant son sang, qui aurait fini de couler de ses veines tranchées, coagulé sur le carrelage ?

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Comment se sentirait Axel en apprenant sa mort ? Comment comprendrait-il le fait que le garçon qui était tombé amoureux de lui s’était donné la mort après l’avoir méprisé?

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Et les autres ?

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Tous coupables. La sentence était irrévocable.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.                     

Lorsqu’il sentit la vie lui échappait, aucune peur ne l’assaillit. Tous les suicidés vont en enfer. L’enfer, il y mettait fin. Peu importe ce qui venait derrière, ça ne pouvait être pire.

Il fallait courir, courir, courir, et fuir.

Et Benoît couru, couru, couru, et il s’enfuit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Par Benjamin DELCOURTE
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Samedi 8 mai 2010 6 08 /05 /Mai /2010 18:08

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Il y a ce cri de rage que je voudrais pousser et qui reste coincé au fond de ma gorge.

M’étouffant.

Un cri de rage contre cette société de consommation qui va droit dans le mur et qui nous déshumanise tous ; un cri de rage contre cette humanité qui s’autodétruit lentement dans la plus totale complaisance ; un cri de rage contre ces religions qui prônent leurs dieux pour justifier leur intolérance et leur folie ; un cri de rage contre toutes ces personnes qui raillent ceux qui ont encore le courage de croire que l’amour n’est pas quelque chose de ridicule et de niais ; un cri de rage contre cette perte des valeurs fondamentales qui forment notre humanité ; un cri de rage contre ce formatage qui nous emprisonnent et nous aveuglent ; un cri de rage contre moi-même, pour ne pas avoir le courage de m’éloigner de ce précipice qui m’attire tant.

L’enfer c’est les autres, disait Sartres.

L’enfer c’est aussi soi-même.

Donnez-moi la main.

Laissez-moi tomber.

Relevez-moi.

Ignorez-moi.

Je suis.

Moi.

Personne.

Le blanc.

Le noir.

La vie.

La mort.

Par Benjamin DELCOURTE
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Dimanche 28 mars 2010 7 28 /03 /Mars /2010 14:11
Une petite nouvelle assez misanthrope de mon cru . Je suis assez satisfait du résultat ( très modeste). 

Ce fut le chant d’un oiseau qui le tira de son sommeil. Quand il ouvrit les yeux, il fut ébloui par un rayon de soleil qui était parvenu à percer le rideau.

Il ne put réprimer un sourire, la journée serait lumineuse. Il fit un bref tour dans la salle de bain, non pour se laver ou pour se rafraichir le visage, puisqu’il n’y avait plus d’eau, mais pour se regarder dans le miroir. C’était un rituel auquel il tenait : chaque matin, des heures durant, il se regardait dans le miroir, tel un Narcisse, à scruter les moindres détails de son visage. Il tenait à vérifier s’il n’avait pas à son tour disparu.

Une fois qu’il avait compris qu’il était bien réel, qu’il faisait encore partie du monde, il descendait dans la cuisine se préparer un petit-déjeuner. Manger n’était plus pour lui une source de préoccupation. Entre la terre qu’il avait appris à cultiver et les animaux de la ferme où il s’était établi, il avait largement de quoi manger à sa faim – même s’il évitait autant que possible de se rabattre sur les animaux, qu’il considérait comme ses amis, sa famille.  En plus, depuis qu’il s’était fixé dans cette ferme, il y avait à peu près cinq ans, il s’était constitué très facilement un énorme stock de vivres : après tout, le monde lui appartenait, il n’avait qu’à se servir dans les magasins et les maisons abandonnés.

Après le petit-déjeuner, il allait se laver dans le petit ruisseau qui coulait dans un bois près de la ferme. Il adorait par-dessus tout ce lieu où la vie palpitait partout: il pouvait entendre le gazouillis des oiseaux, le bourdonnement des insectes, le beuglement des vaches, le piaillement des poules, le cri tapageur du coq, le grognement du cochon. Un seul bruit manquait : celui de l’humain, mais cela ne le gênait absolument pas. Bien sûr, quand il était arrivé à la ferme, elle était abandonnée, comme le monde entier. Les animaux devenus sauvages l’avaient désertée. Il avait dû tout reprendre à zéro. Mais très vite, il avait réussi à repeupler ce lieu.

Toute son énergie, il la consacrait à sa ferme, à sa terre, à ses animaux. Dans sa vie antérieure, il ne connaissait rien de tout cela, mais il avait appris  avec le temps, et du temps, il en avait. Lorsqu’il avait besoin de quelque chose, il allait le trouver dans la ville d’à coté, quand bien même il détestait s’y rendre. Il ne pouvait supporter ce silence de mort ; ces bâtiments qui tombaient en ruine, vestige d’une civilisation à jamais perdue ; ces fantômes du passé qui ne voulaient déserter les lieux ;  mais pire que tout, la ville lui rappelait un monde qu’il voulait plus que tout chassait de sa mémoire. Aujourd’hui il était plus que tout heureux, calme, serein. Pourtant, avant d’arriver dans ce refuge, il avait côtoyé la folie. Son bonheur, il ne l’avait trouvé qu’après les trois années d’errances qui avaient suivis ce fameux jour où les hommes disparurent inexplicablement.

 

Le souvenir de cet événement, bien que refoulé au fond de sa mémoire, ressurgissait parfois dans une violente réminiscence. A cette époque, il n’était qu’un jeune homme écœuré par la violence de son monde. Il se souvenait d’une vie insipide, d’une routine dénuée de sens et d’un plongeon vers un vide vertigineux.

Le jour de l’événement, il se rappelait avoir ressenti un mal de tête lancinant. Alors qu’il travaillait –il  avait aujourd’hui oublié la nature de ce travail, sans doute bien insignifiant- il fut victime d’un terrible saignement de nez. Il eut l’impression de se vider de son sang. On lui proposa de l’emmener à l’hôpital. Il refusa.

Une fois arrivé chez lui, dans son ridicule petit appartement, il prit une douche pour tenter de calmer sa tête qui semblait sur le point d’exploser, mais aussi pour nettoyer ses vêtements recouverts de sang. Il se coucha ensuite, mais il ne put dormir, torturé par son mal de tête. C’était devenu insupportable. Malgré les cachets, ça ne cessait de s’amplifier. Il voulait crier, hurler, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Il ne pouvait que pleurer.

Dehors, la nuit était tombée.

Au plus fort de la douleur, un son strident lui déchira les oreilles. Il n’avait aucune idée de sa provenance : ça semblait venir de nulle part et de partout à la fois. C’en fut trop pour lui. Il se jeta par terre, la tête contre le sol, se bouchant les oreilles, mais rien ne pouvait arrêter un tel son. Un gout de sang envahit sa bouche. Il n’y avait plus que son nez qui saignait.  Il se noyait dans son sang. Il suffoquait. Il lui fallait respirer de l’air frais. Il tenta de se lever, mais il retomba à chaque fois. Il se traina jusqu'à la fenêtre, marquant le sol de son sang, et il s’aida de la chaise de son bureau pour se redresser. Il parvint à ouvrir la fenêtre mais cela ne servait à rien : ses poumons étaient obstrués par son sang. Il allait mourir, il le savait. C’est alors que la lumière apparut. Plus brillante et aveuglante que le soleil. Le monde s’effaçait à mesure qu’elle s’intensifia, accompagné par le son devenu inqualifiable. Il s’effondra, pris de convulsions. Il n’eut même pas la force de penser qu’il agonisait. Soudain tout s’arrêta brusquement. Plus de lumière. Plus de son. Avant de sombrer dans le néant, une larme de gratitude coula sur sa joue : c’était enfin fini.

 

Il ne sut combien de temps il resta dans l’inconscience. Sa vision était très floue quand il ouvrit les yeux. Il se redressa, et il réprima un hoquet de dégout quand il vit la large trainée de sang coagulée sur le sol. Il attendit de reprendre ses esprits avant de se mettre debout, puis il ôta ses vêtements ensanglantés qui lui collaient à la peau. Il faisait encore sombre dans son appartement, mais quand il voulut allumer lumière, il constata qu’il n’y avait plus d’électricité. Plus rien ne fonctionnait. Mais il y avait autre chose qui le troublait profondément. Le silence. Il habitait à Paris, constamment troublé par l’agitation, par le bruit des klaxons, des sirènes, des avions. Mais là, plus rien. Le calme plat. Silence totale. Silence assourdissant.

Un sentiment de panique pointait le bout de son nez.

Il enfila très vite de nouveaux vêtements, puis se précipita devant la porte de son voisin de palier. Le couloir était obscur, privée de lumière. Il appuya sur la sonnette. Aucun son n’en sortit. Il toqua donc, d’abord calmement, puis de plus en plus fort, jusqu'à s’en faire mal. Il alla tenter sa chance ailleurs. Et ailleurs. Et ailleurs. Mais c’était toujours pareil. Personne ne répondait. Il s’assit sur les marches de l’escalier, essayant de reprendre son souffle : sa respiration était bloquée par la panique. Il essayait de se convaincre que l’immeuble avait peut-être été évacué, que ses occupants étaient ailleurs. Il fallait aller vérifier dehors. Mais cela le terrifiait.

Il descendit très lentement les huit étages qui le séparaient du rez-de-chaussée. Il aurait pu vérifier s’ils y avaient des gens dans les étages inférieurs, mais il savait que cela aurait été une perte de temps. Il ne comprenait pas d’où lui venait cette certitude, mais elle était bien là.

Arrivé en bas de son immeuble, il prit une profonde respiration, et poussa la porte.

La rue était déserte. Ca ne voulait rien dire. Il fallait voir ailleurs. Mais même ailleurs, il n’y avait personne. Tout était désert. Il marcha des jours et des jours, explorant Paris et cherchant désespérément quelqu’un. Il avait beau hurler de tous ses poumons, personne ne lui répondait. Il eut une vision apocalyptique d’un périphérique parisien, jonché par des milliers de véhicules abandonnés. Au bout de trois jours, quand il traversa les Champs-Elysées, devenus le royaume des pigeons qui allaient enfin pouvoir picorer tranquillement, il s’assit sur une chaise d’une terrasse de café, et avant de s’effondrer, épuisé, il admit que Paris était désert. Mais il fallait voir ailleurs. Il fallait toujours aller voir ailleurs. Après tout le monde était vaste.

 

L’ailleurs, il l’explora trois années durant lesquelles il côtoyait constamment la folie. Il traversa des villes qui tombaient en décrépitude et qui devaient s’incliner face à la nature reprenant ses droits. Il se nourrissait de tout ce qui lui tombait sous la main. Il préférait dormir dehors plutôt que dans les multiples habitations qui s’offraient à lui, parce qu’il n’avait pas le temps de dormir confortablement, de se laver, de se reposer. Il devait chercher, chercher, chercher, toujours chercher. Il parcourut des milliers de kilomètres, il connut la faim qui tenaille le ventre, le froid qui brûle la peau, la pluie, la grêle, la neige. Il finit par oublier son nom, ce qu’il était, sachant juste qu’il fallait chercher ailleurs, mais comme il ne savait plus ce qu’il devait chercher, il était condamné à chercher et à ne jamais trouver.

Il finit par perdre conscience de lui-même. Il était devenu une coquille vide, un corps sans âme, se réduisant à marcher sans but, à manger, à faire ses besoins, et à dormir.

Un jour, il en eut tout simplement marre. Il s’assit par terre, avec la résolution de dormir, et de ne pas se réveiller.

Mais la mort ne voulut pas de lui, encore une fois. Il fut réveillé par une langue humide qui lui léchait le visage et par des couinements. Quand il ouvrit les yeux, et qu’il vit le chien qui l’avait tiré de sa torpeur, il sentit que quelque chose avait changé en lui. Il regarda tout autour de lui : il était arrivé à la lisière d’un petit bois. Il entendait, au loin, de l’eau qui coulait. Il avait soif, très soif. Il entra dans le bois et lorsqu’il vit le ruisseau, il but jusqu'à ce qu’il se soit altéré. Il explora alors plus profondément ce sentiment étrange qui  l’animait. Il se sentait bien, heureux, apaisé.

Et il finit par comprendre. Il était arrivé au bout de son périple. Il suffisait de tendre l’oreille pour comprendre que dans ce bois, la vie pullulait. Mais plus encore, il pouvait voir et sentir la beauté du monde : le doux bruit des feuilles faiblement secouées par la douceur du vent ; les nuages qui filaient paisiblement au dessus de sa tête, dans un ciel d’un bleu azur ; les animaux de cette forêt qui continuaient insoucieusement de vivre leur existence. Toute cette beauté qu’il avait devant ces yeux, c’était une chose qu’il avait recherché durant toute sa vie. Il comprit alors d’où lui venait ce vide qu’il avait toujours ressenti ; il n’avait jamais réussi à apprécier à sa juste valeur la beauté du monde.

Il eut une autre révélation : après l’événement, ce qu’il l’avait tant paniqué, ce n’était pas l’hypothèse que toute l’humanité eût disparu mais, au contraire, qu’il restait des hommes, comme lui, qui avaient survécus à l’événement. C’est ce qu’il avait taché de vérifier durant ces trois années d’errance durant lesquelles il avait tenté de calmer une angoisse qui l’avait poussé à la folie. Mais son angoisse s’était envolée. Il avait au fond de lui la conviction qu’il était le dernier être humain au monde, et cela le rendait fou de bonheur. Ce n’était que maintenant qu’il comprenait à quel point il haïssait le genre humain, qui avait réduit ce monde en esclavage, qui se comportait comme un dictateur sur une terre qui n’était pas la sienne, au prétexte de son intelligence qu’il estimait surdéveloppée. L’homme avait considéré la nature comme sa propriété personnelle : il l’avait exploité jusqu'à son épuisement, pour combler son désir de posséder toujours plus de pouvoir et de dominer toute chose. Il avait mené la planète au bord de l’extinction, il était devenu le plus terrible prédateur qui soit, un loup pour tout ce qui vivait sur Terre, y compris pour lui, espèce engagé sur la voie de l’autodestruction. Mais, visiblement, ce prédateur avait eu son chasseur : une autorité vengeresse plus puissante que lui, quoique qu’elle fut, avait décidé de son éradication totale. Le monde, débarrassé de son parasite, allait pouvoir renaître de ses cendres.

Pourtant, il restait un homme. Ce dernier ignorait pourquoi il avait été épargné, mais il devait bien y avoir une raison à cela. Il tacherait de la découvrir.

Une fois sortie de son état contemplatif, il sortit du petit bois, accompagné de son nouveau compagnon, le chien, qui ne le quittait plus. Il finit peu après par tomber sur cette ferme qui allait être son refuge pour les dix années à venir.

 

En cette journée ensoleillée, celui qui se considérait comme le dernier homme sur Terre était tranquillement en train de labourer son champ, en dépit du soleil torride qui lui brulait la peau. Mais il faisait ce travail avec le sourire, comme toujours.

Soudain, il vit, à l’orée du petit bois situé près du champ, une silhouette humaine. Au départ, il crut à une vision : la chaleur devait l’avoir fatigué. Mais au fur et à mesure qu’elle s’approchait, il du se faire une raison : elle était autant réelle que lui. Pourtant, ça ne pouvait être possible, non ça devait être un cauchemar, il était le dernier homme, tout les autres avaient disparu, où plutôt, on les avait fait disparaître…

– Hé vous là, bon sang j’en crois pas mes yeux, Sylvia m’avait bien dit qu’elle pensait ce lieu habité mais je voulais pas la croire.

Lorsque ce visiteur indésirable prit la parole, il sursauta. Il n’avait entendu aucune voix depuis l’événement, à part la sienne.

– Vous pouvez pas imaginer comme ça fait du bien de voir du nouveau monde. Moi, je disais que ça servait à rien de chercher de nouvelles personnes qui auraient survécus à ce merdier, mais Sylvia, elle disait qu’il fallait continuer, elle disait que si tous les deux, nous étions encore là, eh ben y devait p’tête y en avoir d’autres comme nous. Eh ben, on dirait qu’elle avait raison, non d’un p’ti bonhomme, qui l’eût cru, hien ? Au fait, je me suis même pas présenté, je m’appelle Bertrand, et vous ?

Le dénommé Bertrand lui tendit la main. Elle resta pendue dans le vide.

Il était sous le choc. Toutes ses convictions s’étaient envolées en quelques secondes.

– Moi, Sylvia, et les gosses, on s’est prix une petite maison pas très loin. Toujours voyager, c’est pas très bon pour les enfants. Des fois, après plusieurs semaines de voyages, on se pose histoire de souffler. Les enfants, ça les perturbent pas trop, y sont nés après l’événement, vous voyez. On évite de leur parler de l’ancien monde, y pourrait pas comprendre. Des fois, Moi et Sylvia on essaye de comprendre ce qui a pu arriver ce jour là, vous savez la lumière, le bruit, ah ce bruit… enfin on a chacun ses idées. Sylvia, elle dit que c’est Dieu qui a puni les hommes de ses péchés, qu’y nous a choisi pour créer une nouvelle génération d’hommes qui se repentirait, blablabla, mais moi je crois qu’y a de petits êtres là haut, vous voyez, qu’y ont je sais pas quoi de plus que nous, mais qu’en tous cas, y ont réussi à nous atomiser ces salauds. Enfin fallait bien s’attendre à un truc du genre, j’arrêtais de dire qu’un grand malheur allait s’abattre sur  nous, arrête de boire qu’on me disait, ouais ben qui avait raison.

Bertrand parla ainsi plusieurs dizaines de minutes. C’était une véritable torture pour lui. Bertrand finit par partir en lui promettant qu’il reviendrait le lendemain, accompagnés de sa femme et de ses trois cinq enfants qui voudraient absolument le voir.

Une fois qu’il fut parti, il  retourna à la ferme, l’esprit totalement embrumé, comme s’il avait trop bu. Une folle rage, une haine sans nom envahit tout son être. Tous ses muscles se crispèrent, sa respiration se coupa. Il était sur le point de perdre à nouveau l’esprit. Sa plus terrible angoisse était donc justifiée : il n’était pas seul.

Le lendemain, il attendit de pied ferme Bertrand et sa famille. Et ils furent au rendez-vous. Il avait pris un fusil avec lui. Il les abattit tous, sans ressentir aucune émotion.

Il retourna ensuite à la ferme. Il fallait dire au revoir à son havre de paix. Car il allait retourner sur la route. Il savait quel était son but, sa mission. Il fallait finir le travail qui avait mal fait. S’il restait des humains dans ce monde, bientôt, il n’en resterait plus. 

Il y veillerait.

Par Benjamin DELCOURTE
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 00:47

Je ne sais pas ce qui m’arrive.

Je dois être malade.

Quand je ris, j’ai envie de pleurer, et quand je pleure, j’ai envie de rire.

Quand je me lève, j’ai envie de dormir, et quand je dors, j’ai envie me de lever.

Quand j’espère, j’ai envie de désespérer, et quand je désespère, j’ai envie d’espérer.

Quand je travaille, j’ai envie de me reposer, et quand je me repose, j’ai envie de travailler.

Quand je suis seul, j’ai envie d’être avec mes amis, et quand je suis avec mes amis, j’ai envie d’être seul.

Quand il pleut, j’ai envie de voir du soleil, et quand je vois du soleil, j’ai envie qu’il pleuve.

Quand je lutte pour continuer, j’ai envie de tout laisser tomber, et quand je commence à tout laisser tomber, j’ai envie de lutter pour continuer.

Quand je te vois, j’ai envie de te fuir, et quand je te fuis, j’ai envie de te voir.

Quand je pense à toi, j’ai envie de t’oublier, et quand je t’oublie, j’ai envie de penser à toi.

Quand je te parle, j’ai envie de me taire, et quand je me tais, j’ai envie de te parler.

Quand je t’aime, j’ai envie de me résigner, et quand je me résigne, j’ai envie de t’aimer.

Je ne sais pas ce qui m’arrive.

Je dois être fou.

Par Benjamin DELCOURTE
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  • Benjamin DELCOURTE
  • Le blog qui n'en est pas vraiment un
  • Homme
  • Etudiant histoire journaliste
  • - Etudiant en Licence II histoire. - Journaliste à Radio Campus Orléans. - Doux rêveur et mélancolique profond. - Pessimiste le jour, idéaliste la nuit. - Citoyen du monde, de la galaxie, de l'Univers et d'ailleurs.

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